Allaiter et travailler

Je m'étais toujours dit que je n'écrirai pas d'article sur l'allaitement sur le blog.
Parce que les filles qui parlent d'allaitement généralement m'énervent…Elles sont pleine de principes qu'il faut absolument suivre si tu veux réussir ton allaitement, et tu te fais souvent brasser si tu as le malheur de dire que tu n'as pas fait comme ça et que ça a marché - Ok je caricature certainement un peu, mais suffit de lire quelques groupes facebook pro-allaitement pour se rendre compte que c'est comme une secte ou tous les cerveaux semblent formatés - 

Et puis cette semaine c'est la semaine de l'allaitement maternel. Et mine de rien c'est un sujet qui me touche. Alors que je n'étais pas partie pour allaiter, juste pour essayer, j'ai allaité Margot 11 mois 1/2.
Axel a eu 8 mois et il est encore allaité et je n'ai aucune idée de quand ça va s'arrêter.

Ce qui me pousse à écrire aussi c'est qu'au départ l'allaitement ne fait pas forcément parti de ma "culture". Je n'ai pas été allaitée du tout, je connais très peu de personne qui l'ont fait.
Quand Margot est née je me suis dit : "ca vaut le coup d'essayer, on verra bien si ça marche..." Et ça à marché.

Au départ dans ma tête je me disais que je l'allaiterai jusqu'à ce que je reprenne le boulot. A l'époque je trouvais encore ça bizarre d'allaiter un enfant qui avait plus que 3-4 mois.
Comme beaucoup de monde d'ailleurs, à la naissance, tout le monde te dit "Oh tu l'allaites c'est génial tu donnes le meilleur à ton enfant...et puis quand ton bébé à dépasser 6 mois, on te dit plutot "Hein quoi, mais tu l'allaites encore ? Mais jusqu'à quand ? - hein quoi comment ca y'aurai une date de péremption sur mon lait et on ne me l'avait pas dit ? - (bon par contre ce qui est cool, c'est que pour un deuxième enfant après un premier allaitement long, plus personne ne te pose de question.)

Et puis le retour au boulot est arrivé vite, trop vite, il était juste après nos premières vacances en famille, et je n'avais pas envie de la sevrer pendant les vacances, de devoir me trimballer de l'eau, du lait, de trouver de quoi le mettre à bonne température, etc...Comme la crèche m'avait dit qu'il serait possible d'allaiter en travaillant je me suis dit qu'il fallait essayer.
A ma reprise du travail je disais : "Je m’arrêterais quand elle aura 6 mois, quand on commencera la diversification..."Et puis non.
J'ai tiré mon lait au bureau jusqu'au 9 mois de Margot, jusqu'au jour (ou plutôt à la semaine) ou elle a décidé de ne plus boire ces biberons à la crèche.Nous avons alors encore gardé un peu les tétées du soir et du matin, puis je suis tombée enceinte. Je n'avais clairement pas envie d'un co-allaitement donc nous avons réduit puis supprimé toutes les tétées.

Mais aujourd'hui j'ai décidé de vous raconter un peu comment je m'organise pour mettre en place mon allaitement tout en ayant repris le travail. Dernièrement une maman m'a dit que sa famille la traitait de dingo quand elle a émit l'idée d'allaiter en reprenant le travail et qu'elle était contente de savoir que cela se faisait. C'est ce qui m'a décidé à écrire ce billet, pour montrer aux mamans qui souhaitent le faire que c'est bien possible.

Alors certes cela demande un peu d'organisation.
Déjà il faut que la structure d'accueil de votre enfant accepte le lait maternel.
Et puis il vous faut de bonnes conditions au travail. Pour ma part j'ai un bureau seule, qui ferme à clé, et un frigo pour conserver à disposition.

C'est donc assez facile, mon tire lait est posé en permanence sur mon bureau.

Pour Margot qui a commencé la crèche à 3 mois, je devais tirer souvent pour avoir toute la quantité nécessaire pour ces repas. 
Pour Axel c'est beaucoup plus cool, je tire une fois vers 10-11h, et une fois vers 16h. (je tire environ 200ml à chaque fois)
Je ferme la porte, et je m'y mets. Je ne suis même pas sure que tous mes collègues sachent ce que je fais,  mais je n'ai pas l'envie de leur expliquer. 

J'ai investi dans des petits pots de conservation, pour mettre mon lait tiré.
Chaque pot est daté pour être bien sur que le lait soit bien conservé.

L'avantage de ces petits pots c'est qu'ils y a un adaptateur pour visser la tétine dessus. Cela évite aux filles de la crèche de transvaser.
Je stocke le lait au frigo la journée et le soir je le transporte dans sa pochette isotherme avec son bloc de glace jusqu'à la crèche.
Le jeudi, je congèle le lait pour le lundi - Oui je ne bosse pas le vendredi - 

En fait c'est assez simple, ça demande un peu d'organisation parce que si tu oublies un flacon du tire lait chez toi ou un petit pot c'est de suite plus compliqué.

La où cela se corse c'est quand je suis en déplacement. Je me trouve régulièrement à tirer mon lait dans ma voiture sur une aire d'autoroute. Ca m'est même déjà arrivé de le faire dans le TGV. 
Comme je fonctionne sans stock tampon à flux tendu, si je me rate un jour, Axel le lendemain n'aura pas son lait - je vous rassure je ne le laisse pas mourir de faim il a des yaourts et/ou du lait artificiel en secours à la crèche ! - 

1 commentaire:

  1. Super article, car très franchement, je crois que ça fait peur à beaucoup et là on voit que oui c'est de l'organisation mais oui aussi c'est largement faisable. Ils avaient consacré une émission dans les Maternelles sur ce sujet et ça n'est pas facile dans tous les boulots. Mais quand tu peux, c'est chouette. Et tu peux te féliciter de donner ton lait aussi longtemps à tes enfants.

    RépondreSupprimer