LeeLoo court - Interlac trail 2016 - premier 40km

Il serait temps que je me mette à taper le récit de course de l'interlac trail, temps en effet avant que les difficultés ne soient oubliées et que je ne garde uniquement que les supers bons souvenirs - vous aussi vous avez tendance à faire ça ? Ici ce n'est que pour la course, pour tous les souvenirs de ma vie, je ne garde en tete que le meilleur plusieurs années après, jamais le moins bon... - 

Tout a commencé un soir, ou l'on se disait avec Monsieur Papa que cela faisait une éternité qu'on avait plus couru ensemble.
Très vite l'idée de faire une course à deux a germé. Mais nous ne voulions pas d'une course en relais - pour une fois on voulait vraiment être ensemble tout le long - 
Alors bien sûr on aurait pu s'inscrire à n'importe quelle course et qu'il m'attende tout le long, mais on trouvait ça quand même plus fun d'être en équipe !
Je me suis donc mise à chercher les courses en DUO.

Et puis je me suis dit qu'il fallait en profiter, que tant qu'à avoir un coéquipier autant se lancer dans une distance encore jamais courue - non mais quelle idée !!! - 

En moins de temps qu'il n'a fallu pour le dire j'étais inscrite à mon premier marathon...- oui ok pas tout a fait marathon, il manque 2 km et quelques, mais bon avec le dénivelé ça compte non ? - 

Un bon coup de pression une fois la confirmation de l'inscription reçue, le grand moment de solitude ou tu te dis "non mais qu'est ce que j'ai fait !! "

Et puis hop, les entraînements, le premier trail, encore des entraînements. Je suis arrivée la semaine de la course, prête, peut-être pas avec toutes les sessions d'entrainement que j'avais imaginées mais prête. - Bon ok avec une douleur à la jonction hanche/cuisse qui m''a fait voir l'ostéo la semaine avant et que je glaçais tous les soirs depuis...mais qui ne m’empêchera pas de courir...enfin je l'espère - 

Nous avions imaginé aller avec les enfants récupérer nos dossards le samedi, profiter du lac, se baigner...
On a bien emmené les enfants, mais la météo ne laissait aucune fenêtre pour la baignade...



Une petite photo dans le village et nous repartions pour Lyon. 

Les enfants passaient la nuit chez leur Mamie, nous affublés de nos casquettes fluos, nous rentrions  pour nous coucher tôt -enfin moi, pour Monsieur Papa il fallait regarder la dernière journée de ligue 1- 

Avant ça il fallait faire traditionnelle préparation d'affaires. 100 000 questions qui se bousculent dans la tête. J'avais testé ma tenue avant - et acheté une veste étanche en prévision - mais j'ai passé un moment à choisir ce que j'allais mettre comme nourriture dans le sac.
Monsieur papa rigolait doucement, me demandant si j'avais prévu de m’arrêter pour un pic-nique...C'est vrai que j'en ai chargé des tonnes (pâtes de fruits, amandes, lait concentré, saucisson, abricots secs...) mais que voulez vous on ne se refait pas, je suis une gourmande tout me faisait envie...Et puis bon ils annonçait le dernier ravitaillement solide au km 22, ça en fait quand même un paquet à parcourir après.

Levés à l'aube (5h15) dimanche matin. 
Petit dej complet - moi qui ne déjeune jamais... - 
Enfilage de tenue
Et c'était parti pour 1h15 de voiture pour rejoindre la navette qui allait nous emmener au départ.

Dans la navette on somnole, on écoute - et on se moque gentillement - des conversations des starlettes des sièges de devant, ... - starlettes qui finalement finiront 20 minutes devant nous à l'arrivée - 

On sort du bus à 8h15, reste 45 minutes avant le départ, il fait 2 degrés...Non mais faut vraiment être barge !

On fait des passages aux toilettes pour avoir se mettre au chaud - oui courir aurait été efficace aussi, mais bon on allait courir 40km autant s'économiser un peu - 

8h50 on entre dans le sas de départ. On se serre, on plaisante, on se met tout au fond pour partir quasiment les derniers. Et là d'un coup le compte à rebours...
Mon traditionnel "Mais qu'est ce que je fais là" sort juste avant de passer la ligne.

Et c'est parti ! 40km sont devant nous...Go go go ! 

On part plutôt vite, enfin plus vite que je l'imaginais, mais bon c'est plat, je me sens bien, ce rythme là me parait bon je me dis que ce n'est pas la peine de se forcer à ralentir. 

Les 10 premiers kilomètres sont avalé en 1h tout pile...Ça va vite, très vite, mon chéri me dit "Punaise mais on va mettre 4h..." Je lui réponds que les premiers duo mixte l'an dernier on mit 5h30...Que c'est loin d'être fini ! 

Et en effet ça ne faisait que commencer. 
Les 3 prochains kilomètres étaient exclusivement de la montée...400m de dénivelé positif  en 3km! On marche on souffle, on grimpe, on ne se fait pas trop doubler, bon ok on ne double pas trop non plus...
Le temps est toujours aussi merveilleux comme vous pouvez le voir - je bénis l'achat de cette veste - et dire qu'on avait choisi cette course pour ces multiples vues sur le lac...humhum


Le ravitaillement est au bout de la montée, j'ai le temps d'attraper un peu de jambon, un bout de fromage d'abondance - quest ce qu'il était bon - que je vois déjà Monsieur Papa repartir. Même pas eu le temps de sortir mon gobelet pour un verre de coca...
Mais bon je me sens bien, je me dis qu'il a raison, et je le suis. De toutes manières j'ai bien assez à boire dans mon sac...

Des descentes bien raides sur des pentes bien boueuses, des montées, des bosses, plein de bosses, au 15ème j'ai le malheur de dire que je me sens plutôt bien...Les traditionnels petits tiraillement que j'ai à l'intérieur des chevilles sont là, mais je les connais je sais que la douleur n'augmente pas d'ordinaire, ça va aller...
Et puis au 16ème ça commence a être plus dur. Cet enchaînement de montées descentes me tue...je déteste ces faux rythmes, tu cours 300m et hop tu remarches parce que ça remonte raide, puis tu recours, tu remarches...

C'est long, très long : du 15ème au 23ème km on mettra 1h30, - et ce n'est pas juste parce que l'on s'est arrêté une fois faire des photos vu que la vue s'est dégagée - 


Au 20ème je peux encore sauter, mais c'était bien de les faire à ce moment là les photos sautées !
Même qu'au 20ème km je souris encore !
 Monsieur Papa me dit que du 20 au 30ème se sont les kilomètres les plus durs. 
Mentalement je tiens bien, dans les jambes par contre ça commence à tirer...

Je le préviens que cette fois ci on fait un vrai arrêt au ravito. De toutes manières je n'ai plus d'eau dans ma poche à eaux - ouah j'ai bu 2litres en 23km (et 3h25...) - 

Le ravito est énorme, on en profite à fond, soupe aux vermicelles, toujours l'abondance à tomber par terre, jambon, biscuits, coca, ... tout y passe. 
Ben quoi il est midi, c'est l'heure du repas. 

Je repars complètement euphorique, en plus je sais qu'à partir de là ça descends, jusqu'à l'arrivée. A ce moment là je pensais encore que les 17km de descente c'était une bonne nouvelle.

Au bout de 2km de descente je me rend bien compte qu'il ne fallait pas se réjouir. C'est technique, caillouteux, très pentu...Les cuisses chauffent, les genoux tapent. 
Pour la peine je ne sens plus les douleurs dans les chevilles, c'est bien simple je crois que mes jambes sont douloureuses sur toute leur petite longueur. Des cuisses aux chevilles mon corps me dit que c'est pas un truc normal que je suis entrain de lui faire subir. 

Ce qu'il me dit aussi c'est que j'ai bu beaucoup trop d'eau, pour vous faire marrer j'ai du m’arrêter au moins 6 ou 7 fois dans les 15 km restants - et je vous passe les détails de : cherche le buisson qui te cachera un peu, regarde s'il n'y a pas 30 concurrents qui arrivent derrière toi avant de baisser ton short, etc... - 

Au 30ème Monsieur Papa, rassurant me dit qu'on vient de passer les 10km les plus durs, mais qu'on entame les 10 interminables - hein ? quoi ? comment ? Un coéquipier c'est sensé motiver ?-
Moi dans ma tête je suis heureuse, je sais que passer 30km ca ne sera plus le mental qui allait me lâcher, dans ma tête 10km c'est juste une séance d'entrainement, je vais arriver au bout, il ne faut juste pas se blesser...Alors je redouble de concentration dans ces descentes au terrain instable - je glisse, je tombe meme parfois - , je laisse mon cerveau de coté, je regarde juste mon chéri qui court devant et je le suis, plutôt machinalement. 
A chaque fois que ma montre bippe pour annoncé un nouveau kilomètre de parcouru je dis à voix haute " et un d'plus" je l'aime bien cette petite rengaine, elle me motive. 

Sur ces derniers kilomètres, pour la première fois de ma vie, ce n'est pas mon souffle ou l'explosivité qui me limite dans une épreuve physique. 
Je sens vraiment que clairement ce sont mes jambes, elles sont lourdes, douloureuses, j'ai beau y mettre toute ma volonté, elles n'avanceront pas plus vite...
Ceci dit elles ne s'arrêteront pas d'avancer non plus. 

On arrive en ville, on retrouve le goudron sur les 5 derniers kilomètres. Ils sont plats, on avance a un rythme régulier - et finalement quand je regarde ce qu'à enregistré ma montre je vois qu'on a couru les 5 derniers en 35 minutes, c'est pas déconnant comme rythme après 35km de course, et surtout je me dis que finalement on est pas parti trop vite avec les 10km en 1h  du départ -

Le soleil a pointé le bout de son nez, on a définitivement rangé toutes les couches du démarrage au fond du sac



Il commence à y avoir du monde sur le parcours, quelques encouragements. Mine de rien ça fait du bien !
Moi je cours toujours sans réfléchir, me laissant guider par mon chéri 
- certaines diraient que je lui matte les fesses, elles n'auraient peut être pas tort...bisous les copines qui aiment courir derrière des lièvres... - 

Et d'un coup je l'entends...
Oui lui, le speaker de la ligne d'arrivée !
Je l'entends...
Youpiiiiiiii

"Il est là, on l'a fait !!!!!!!!"
J'ai littéralement hurlé cette phrase en faisant des petits sauts pas de cabris, les passants qui nous croisaient juste à ce moment là sont un peu resté bouche bée, mais moi j'étais heureuse ! Ça sentait bon la fin, on était certainement dans le dernier kilomètre...

Cette sensation d'accomplissement en passant la ligne, cette fierté, cette joie, le simple bonheur de l'avoir fait, et de ne plus avoir à courir aussi !!!

On boucle le parcours en 5h47, on finit 9ème/16 dans notre catégorie (les 1ers mettent 2h de moins, les derniers 2heures de plus…) - Ca c'est pour vous donner une idée parce qu'on me dit souvent : "Ah moi j'ai un copain  qui court le marathon en 3h20…" Oui oui je sais, j'ai aussi des copains qui ne courent pas 100mètres... - 


Pendant la course j'ai quand même dit à Monsieur Papa : "La prochaine fois que j'ai une idée comme ça, tu me feras bien penser d'aller me faire voir…" 
Mais là, maintenant, au moment où je tape les dernières lignes de cet article je n'ai qu'une envie : RECOMMENCER !!!



7 commentaires:

  1. Alors là, je dis bravo! Vous avez assuré: 400m de dénivelé positif et sur des chemins caillouteux en plus... 5h47 c'est top!

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    1. Merci !
      En tout il y avait quelques 1000m de Dénivelé positif.

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  2. Poouah ! Passionnant ton récit ! Bravo à vous c'est génial. Et courir en couple, ca doit être super aussi. Tu peux être fière de toi !

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  3. tu m'as donné des frissons avec ton récit !! félicitation pour ces nombreux km parcourus !! tiens ça me donne envie d'aller courir (bon évidement moi je fait 2km en 20min hein)

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  4. 40 bornes c'est pas beaucoup, moi aussi j' peux le faire hein. Faut juste me laisser une petite dizaine de jours. Voire quinze.

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  5. Un récit où j'ai failli faire une "Grégoire".. Mon lièvre à moi m a poussé à faire 10km à 20h ce soir... Je te prie de croire que c'est clairement pas des sauts de cabris auxquels il a eu droit à la fin.... FELICITATIONS Monsieur et Madame Patate! Vous êtes des STARS!

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  6. Un tres grand bravo pour ta -votre- performance, et si j au pu y contribué sans me les taper ces 40 bornes c est tant mieux:)

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