LeeLoo court - La Monna Lisa (templiers)

Première course officielle de reprise, post blessure - à la Bandol classic que je n'ai même pas eu le gout de vous raconter -

Quand je me suis inscrite au festival des templiers, j'ai très longtemps hésité sur le format…27 ou 37 km…
Il parait que c'est super beau alors bon je me disais que 37 c'était bien pour profiter…en plus au 37 il y avait des cadeaux finishers -et après les avoir vus j'aurai bien aimé en avoir un-
Mais bon finalement c'est le tarif de la course qui me décide…De mémoire le 27 coûte 20€ de moins…Et puis c'est déjà bien 27km. 

Puis je me suis blessée, belle entorse de la cheville, et on a découvert du coup que j'avais un ligament de rompu, de façon antérieure, mais cela explique l'instabilité chronique de ma cheville…Pas d'opération en vue, mais beaucoup beaucoup de séances de kiné, je bosse à fond, je veux une cheville d'aplomb sur laquelle je peux compter. 
Finalement je reprends sérieusement le sport en septembre, hand, course, la cheville tient le coup, je tombe rapidement la chevillère, j'ai confiance on a bien bossé avec les kinés.

Du coup 1 mois 1/2 pour préparer 27km - après 3 mois d'arrêt - je me dis que j'ai bien fait de ne pas signer pour plus. Tant pis pour la jolie veste de finisher.

En plus entre temps on s'est inscrite avec ma copine à la Sainté Lyon en relais, il va falloir courir 44km dans pas longtemps, autant se ménager un peu.

Un vendredi après le boulot, nous voilà partis pour 4h de route - en plus Monsieur Papa a eu la bonne idée d'enclencher le mode écologique du GPS donc on a visité des lieux champêtres…- direction un tout petit village à proximité de Millau où nous attendait le copain qui allait être le partenaire de galère de mon chéri le dimanche. Immense maison AirBnb, un peu froide, mais très chouette endroit.

Je courais samedi midi. J'ai donc pris la route, seule direction Millau. 
Récupération de dossard - et pas du cadeau de participant il n'y avait plus de t-shirt femme…étrange quand même c'est pas comme s'ils avaient la liste et connaissaient le nombre de femmes…Qu'il n'y ait pas le bon nombre dans les bonnes tailles soit, mais pas de t-shirt du tout…ca m'étonnera toujours que ces grosses organisations de course ne soient pas au point sur des choses comme ca... - promenade dans le village sportif, attente du départ.
Pour une fois je ne me sens pas stressée, je suis prête, contente d'être là, il fait un super soleil...


Je retrouve mes supporters sur la ligne de départ, on plaisante, on joue avec les enfants, on danse sur la musique avant de rejoindre la foule qui se presse près de la ligne.
C'est une vraie bonne ambiance de trail, on parle avec son voisin, tout le monde se sourit. Ceux pour qui c'est la première fois angoissent un peu.

Moi pour une fois je n'ai pas ce "Non mais qu'est ce que je fais là" qui m'envahit une fois le décompte lancé. 
J'estime mon temps à 4h30, je ne sais pas trop quel sera la technicité du parcours, ni dans quel état réel de forme je suis pour un effort si long, donc je me dis autant viser large.

C'est parti, les premiers kilomètres sont sur route, à plat, comme à mon habitude je suis partie derrière, mais je remonte le flot de coureurs. Je reste sur mon leitmotiv, c'est plat, c'est roulant, tu n'es pas fatiguée, cours maintenant tant que tu le peux. 

On attaque les premières montées. Le chemin est large, ça permet de doubler ceux qui sont parti trop vite. Moi je grimpe à mon rythme, je ne me pose pas de questions. Je suis bien consciente que la montée ce n'est pas mon point fort, le tout est d'arriver en haut et de ne pas être cramée quand on y arrive. 

On commence à avoir de jolies vues, notamment sur le viaduc de Millau, qu'en bonne génie civiliste j'affectionne particulièrement. 

Au fur et à mesure qu'on avance le chemin se réduit. En fait on a fait une bonne partie de la course sur des monotraces - des petits chemins qui permettent tout juste le passage d'une personne - 
Parfois ça m'agace un peu parce que je ne peux pas doubler. Surtout sur le plat et en descente. En montée je suis le groupe qui m'entoure, prenant soin de ne pas être un boulet et créer de bouchons. J'y arrive plutôt bien. 

Dès que c'est plat je jette un oeil à ma vitesse sur ma montre...et je me dis que je vais beaucoup trop vite. Mais bon je me sens bien, les kilomètres défilent. 

Au 15ème kilomètres on attaque la première descente, bien pentue, bien technique tout en mono trace. Je me dis que j'irai plus vite sans les gens de devant, mais bon, au moins je ne prends pas de risques...Jusque là la cheville a été parfaite, mais bon il reste encore du chemin et la fatigue va commencer à se faire sentir.

Le 16ème kilomètre est intégralement en montée, et quelle montée...Interminable...On met 20 minutes avec mes compères pour faire 1 kilomètre - sur du plat en temps normal je mets moins de 6minutes au km - mais qu'est ce que c'est beau.
Comme on ne va pas trop vite j'ai le temps de prendre des photos ! - Pas trop non plus je vous rappelle que je ne veux pas ralentir les gens qui me suivent et qu'on ne peut toujours pas se doubler - Et je mange des saucissons - ben quoi, vous n'emmenez jamais de saucissons avec vous en course ? - 


Naivement je pensais qu'après ça les difficultés seraient terminées...
Je passe le ravito au 19ème km rapidement, un coca, un verre de St Yorre, une tartine à la crème de roquefort - ben quoi ca me faisait envie...et ca m'a donné envie de vomir les 2 km suivants - et une banane dans la main je repars.

Puis ce fût long...
J’espérais qu'on allait descendre, et en fait c'était plutôt un enchaînement de buttes et de montées...
Je commence à pester un peu dès que je vois que ca grimpe encore. Je cours avec Hervé, je le double dès que c'est plat ou que ca descends, puis je le laisse passer dès qu'on monte. On en rigole, on discute. 
A 6km de l'arrivée et un tout petit peu plus de 3h de course, il me dit chouette on va finir sous les 4h...Je lui réponds que je ne suis plus sure de rien, il me dit "oh quand même une heure pour faire 6km...en plus les deux derniers descendent"

Ah si on avait su ! 
En effet ils descendaient les 2 derniers kilomètres, mais quelle descente ! Je pense qu'il y aurait eu de la neige par terre ca aurait adhéré autant. C'était mouillé, boueux, caillouteux, toujours en mono-trace, avec des épingles tous les 50m...
Personnellement j'ai absolument posé le cerveau. Je me suis lancée, sans trop réfléchir dans la patinoire, m'accrochant aux arbres, aux branches. Je voulais que ça se finisse, j'en avait un peu assez je crois. 
Finalement je n'ai pris qu'une ou deux petites gamelles, sur les fesses, et pas mal de plaisir.
- déjà à l'interlac (cliques pour relire) j'avais finalement regretté la descente tant attendue...il faut vraiment que j'arrête de me réjouir des finish en descente ! -

A l'arrivée, ma petite Margot trépignait sur le bord de la piste, prête à venir "gagner" la course avec moi ! 
Les arrivées avec elle sont définitivement les plus belles, même si dans les derniers 500m je perds 7 places au classement  - et oui à 3 ans on ne court pas très vite, encore moins quand il y a des marches à monter - , je ne m'en passerais pas, elle était si fière, et moi également !

Je finis en 3h55 (27km, 1200D+), ce qui me classe pile à la moitié du classement général, et presque dans le 1er tiers de ma catégorie. 

Mais ce que je retiens plutôt c'est que c'est de loin la course la plus technique et exigente que j'ai pu faire jusque là, mais que j'ai pris un plaisir dingue, que je n'ai pas vu ces 4h passer, vraiment c'était un très bon moment. 

- Ca n'a pas forcément été le cas le lendemain pour Monsieur papa qui termine le grand trail des templiers en 16h (pour 76km) flirtant avec les barrières horaires, et poussant son physique et son mental dans ces derniers retranchements - 

Je pense que je reviendrais sur le festival des templiers, pour un format plus long...Un jour !

- Concernant la cheville affaiblie, je peux vous dire que ce test grandeur nature a été un succès. Le terrain difficile n'a pas eu raison d'elle, et à aucun moment je n'ai douté de sa stabilité ! Pourtant j'étais pas si confiante et j'avais glissé dans mon sac ma chevillère au cas ou la fatigue se faisait sentir - 

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